vendredi, avril 29, 2005

Lago Titikaka

Nous descendons toujours plus dans le sud et approchons dangereusement de la Bolivie... Nous voici d'ailleurs pres du Lac Titicaca qui fait frontiere entre les deux pays.
Il se situe a 3 800 metres d'altitude et cela en fait le plus haut lac navigable du monde. Mais il n'est pas le plus grand car sa superficie ne depasse pas les 8000km2. Combien couvre le Leman?
Pour mieux nous familiariser avec ce grand lac, nous avons suivi un groupe organise qui proposait deux jours de visite des Iles Uros, Amantani et Taquile entre hier et aujourd'hui.
Des la montee sur le bateau, on a vite l'impression de naviguer sur la Mediterranee. En effet, a cette altitude le soleil est tellement pur qu'il donne des couleurs d'un bleu mediterraneen a l'eau. Mais a la vue des sommets enneiges je me rappelle qu'il fait froid malgre tout. La temperature ne doit pas depasser les 15º en plein zenit.
Nous accostons dans la matinee sur les Iles Uros dont la particularite est qu'elles sont flottantes, construites a l'aide des roseaux qui poussent dans la partie basse du lac. Les Uros etait une tribu aujourd'hui eteinte mais des habitants de Puno ont vite compris l'interet economique de telles iles et se sont installes sur ces ilots ou ils vivent de tourisme.
Nous reembarquons sur le bateau et navigons pendant 3 heures sous un soleil de plomb avant d'atteindre l'Ile d'Amantani qui sera notre point de chute pour la nuit. Ici, pas d'hotels ni de restaurants car les habitants tentent de preserver leurs coutumes tout en reconnaissant egalement l'interet economique du tourisme. Ainsi, nous sommes repartis dans plusieurs familles qui nous preparent le repas et nous offrent un lit. Ceci peut etre un bon moyen de communiquer avec les habitants et d'essayer de comprendre un peu leur vie quotidienne.
Nous dormons chez Flora et sa famille qui nous prepare un dejeuner typique de l'ile. Celui-ci se compose d'une soupe de quinoa (une cereale inconnue auparavant) suivie d'une assiette de pommes de terre, d'un oeuf cuit dur et de quelques oca (encore inconnus auparavant : une racine blanche ayant la forme d'une carotte mais ressemblant au navet). Nous sommes un peu decus d'etre servis dans la chambre a l'ecart de la famille mais il est deja tard et ont deja certainement mange. Les trois enfants de 6, 9 et 10 ans s'affairent deja pour repartir aux champs cueillir pommes de terre ou ocas. La famille possede deux vaches, un veau, cinq moutons et des cochons d'Inde (qui remplacent nos lapins).
Apres le repas, nous faisons une petite marche avec notre mauvais guide qui ne donne jamais d'explications interessantes et fait des blagues stupides. Cette ballade nous mene en haut d'une colline ou se situe le temple de Pachatata mais celui-ci est entoure de barriere avec interdiction d'y entrer. La vraie recompense est d'assister au coucher de soleil mais, a cause de l'organisation de notre guide, il nous faut quasiment courir pour arriver au sommet avant que le soleil ne soit deja de l'autre cote de la terre.
Nous regagnons ensuite chacun nos familles qui nous attendent avec le souper. Flora nous apporte encore le repas dans notre chambre qui ressemble a une prison avec sa table et ses deux chaises. Elle accepte notre demande de manger avec la famille et nous conduit a la cuisine. Tout le village est sans electricite et, au fond de la piece, il y a un four a bois ou sa mere prepare le repas pour la famille. La fumee sort difficilement car il n'y a pas de conduit de cheminee. Les hommes ne sont pas presents. Seul le fils aine vient chercher la soupe ou le riz et repart aussitot.
Nous discutons un peu avec Flora puisqu'elle est la seule a parler espagnol. Sa mere, n'ayant jamais quitte son ile, ne parle que le Quecha, langue descendue des Incas et tres repandue au Perou.
Apres le repas, nous devons nous preparer pour aller a la fete organisee par les familles nous recevant. On nous prete des costumes traditionnels et c'est bien dommage que je ne puisse pas integrer de photos a mon blog car PH, avec son poncho et son bonnet peruvien, et moi, avec ma jupe en velours verte et mon chemisier blanc a fleurs brodees, etions magnifiques!
Un groupe joue de la musique traditionnelle et les dames de nos familles nous entrainent dans la danse car , pauvres touristes, nous sentons un peu ridicules. Au moment de partir, Flora nous propose de rentrer avec sa soeur. Elle s'amuse bien, elle!
Le lendemain matin, le petit-dej est servi : des beignets bien huileux et un mate de punia (une herbe de l'ile au gout menthole). Puis notre hotesse, bien disciplinee dans son role impose par notre guide, nous conduit au port ou nous embarquons pour la derniere ile : Taquile.
Nous accostons, le guide nous fait marcher de l'autre cote de l'ile pour nous occuper. Certes le paysage est tres joli bien que identique a celui d'Amantani. Le point de rendez-vous est la place principale ou nous avons du temps libre. Notre guide ne prend pas la peine de nous expliquer ce que l'on pourrait eventuellement visiter alors nous nous enfoncons un peu dans le village jusqu'a l'ecole ou les enfants jouent au foot et au volley-ball pendant que des paysans ramassent les ocas.
Nous devons retourner a la place a 11h ou notre guide nous entraine un peu plus loin et nous installe autour d'une table en nous demandant ce que nous prendrons pour dejeuner : poisson ou omelette?
Pour nous occuper en attendant que les plats soient servis, ils nous fait une description des tenues vestimentaires des habitants et nous explique comment reconnaitre les celibataires des maries a leurs bonnets. Le probleme c'est que nous rencontrons des gens avec des chapeaux. Sont-il maries ou pas?
Il nous fait ensuite reciter ce que nous avons appris la veille mais n'est pas tres content car nous ne nous rappelons pas de tout. Il termine la lecon de la pire maniere que ce soit pour nous faire paraitre des touristes stupides au point de ne vouloir entendre que des anectodes.
Ainsi, les habitants de Taquile vivent encore selon les lois incas, soit :
- Interdiction de voler
- Interdiction de paresser
- Interdiction de mentir
Ceci explique cela :
- Pas de chien sur l'ile car pas de voleurs!
- Pas de cheval ou d'ane sur l'ile car il faut travailler dur!
- La, j'ai arrete d'ecouter...
Nous repartons pour 3 longues heures sur notre bateau pourri ou le moteur chauffe tellement que les banquettes en deviennent brulantes. En arrivant dans le port, le capitaine, qui a failli s'endormir a sa barre, distribue (presque a chacun!) des gilets de sauvetage pour ne pas etre amendable.
Et nous voici de retour a Puno, ville portuaire bruyante et poussiereuse, que nous quitterons demain. Meme si je suis un peu severe sur la description de notre tour, je n'en retiens pas moins que le lac en lui-meme est une beaute naturelle mais je regrette le manque de spontaneite des gens que nous avons rencontres. Nous nous attendions a plus d'authenticite en dormant chez l'habitant mais malheureusement les contacts sont restes superficiels et interesses. Enfin, c'est ca le tourisme aussi!

1 Commentaires:

Blogger Pierre-Henri said...

La plante délicieuse que nous prenons en infusion s'appelle "munia". Elle a un goût proche de la menthe et du romarin. Celle-ci possède de trés bonnes vertues digestives. Lorsqu'on la cueille, on se croirait presque en Provence tellement elle sent fort!

3/5/05 3:01 PM  

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