
Ola! Je suis toujours a Huaraz d'ou je viens de terminer un deuxieme trekking, plus difficile que la ballade de la vallee de Santa Cruz.
Je suis repartie lundi avec Aldo et Fabiola, mes hebergeurs, ainsi que Lucio, le cuisinier du trekking de Santa Cruz.
Programme : initiation a l'escalade sur glace et ascension du Vallunaraju a 5 686 metres d'altitude.
Deux heures de route depuis Huaraz pour acceder au pied de la montagne. Les sacs a dos charges a bloc, nous entamons la montee a travers les rochers et traversons des cascades d'eau. Cela ne ressemble pas a une marche mais plus a de l'escalade tant j'avance agrippee aux touffes d'herbe et aux cailloux! Deux heures et demie d'ascension dans ces conditions et nous arrivons enfin au campement niche a quelques 4 800 metres.
Nous sommes accueillis par la pluie et le vent. Mais entre les nuages mobiles, nous pouvons apercevoir les sommets des autres montagnes. En face, un rocher en forme de lion domine et surveille ses montagnes.
Le repas est prepare sous la tente. Il fait froid. Il est difficile de se mettre a l'aise. Un petit pipi et vite sous le sac de couchage. Il est 17h30 et tout le monde est a l'abri dans sa tente. Il se met a greler.
Le lendemain, il fait grand soleil, presque chaud. J'applique ma creme solaire car les uv sont bien plus dangereux a cette altitude. Apres un bon petit-dejeuner, nous partons pour notre mur de glace a 25 mn de marche de la.
Le mur n'est pas bien haut, 10 a 15 metres mais c'est la premiere fois pour moi et Fabiola que nous chaussons des crampons et empoignons des piolets. Je regarde faire Lucio qui grimpe fixer les securites. La technique a l'air simple. Il suffit de planter les piolets, de se soulever par la force de ses bras puis de donner un coup de pied dans la glace pour enfoncer les crampons et se stabiliser pour planter le piolet un peu plus haut.
Je me lance! Coup de piolet a droite, a gauche, coup de crampons a droite, a gauche, puis piolet, puis crampons, etc... Je ne sais pas comment c'est possible mais je grimpe comme un cabri. J'arrive en haut du mur en un rien de temps puis je redescends en rappel. Ca, c'est agreable, il suffit de s'asseoir dans le vide et de maintenir ses jambes droites contre le mur.
Apparemment, je n'ai pas rencontre de difficultes car je n'avais pas peur du vide et suffisamment de force dans les jambes et les bras pour grimper. Fabiola ne connait pas le meme plaisir que moi car elle craint le vide.
Nous grimpons ainsi plusieurs fois et changeons de place pour augmenter la difficulte.
Dans l'apres-midi, nous retournons au camp pour y boire un cafe. La journee a ete ensoleillee tout du long ce qui est assez rare a cette saison. Lucio nous prepare le souper. Il est 17 h! Mon estomac n'a pas le temps de desemplir.
Comme le lever sera tres tot le lendemain, il est conseille d'aller se reposer. Dodo a 18h! Bien entendu, il m'est difficile de m'endormir et la nuit est assez agitee. J'ai un peu mal au coeur.
Nous nous levons a 3h pour profiter de la durete de la neige qui facilitera notre marche. J'ai toujours mal au coeur et un peu a la tete aussi. Ce n'est rien d'autre qu'un leger mal de montagne. Je me force a avaler un mate de coca (infusion a base de feuilles de coca mais ce n'est PAS de la cocaine) qui soulage les problemes d'altitude.
Nous nous mettons en route. Il est 4 heures du matin. Nous avancons avec nos lampes frontales au milieu des rochers. On m'a prete des chaussures "en plastique" faites pour la haute montagne. Elles me soutiennent jusqu'au molet mais ne sont pas pratiques pour marcher.
Nous arrivons a la limite rochers-neige et enfilons les crampons. Puis nous nous encordons pour plus de securite. Une expedition inedite pour moi.
Premiers pas dans la neige avec les crampons. Lucio, moi, Fabiola et Aldo, tous encordes. Il fait nuit noire et il y a plein d'etoiles dans le ciel. Nous eclairons la neige par nos frontales.
La marche est difficile. J'ai le souffle coupe, j'ai envie de vomir. Chaque pas requiert un effort considerable. C'est le prix a payer pour acceder a une si haute altitude. Au bout d'une heure, Fabiola decide de faire marche arriere. Nous la convainquons de continuer. C'est normalement le 1er de cordee qui donne le pas mais je ralentis l'allure car Lucio semble faire une course tant son rythme est rapide.
Cela commence a aller un peu mieux. J'ai toujours un peu mal au coeur et a la tete mais je trouve ma cadence. Il ne fait pas terriblement froid.
Aldo casse le rythme en voulant absolument prendre une photo. Il faut dire que le jour se leve et que les paysages sont magnifiques. Les nuages se soulevent doucement mais laissent apparaitre les pics des autres montagnes qui s'eclairent.
Mon appareil photos ne fonctionne pas. Les piles n'ont pas tenu le froid. Aldo s'acharne. Nous nous refroidissons quand Lucio declare que dans 5 mn, on ne verra plus rien a cause des nuages.
Nous nous mettons alors a nouveau en route mais mon souffle est a nouveau coupe et je n'arrive pas a retrouver mon rythme. Sans reflechir, je dis aux hommes que je ne veux pas aller au sommet si nous ne verrons rien a cause des nuages. Je ne veux pas faire un sommet juste pour la gloire. L'excuse est que je suis crevee, que j'ai un coup de fatigue et que Fabiola abonde dans mon sens, elle qui voulait s'arreter bien plus tot.
Comme je suis la cliente, on ne m'encourage pas a continuer et nous faisons marche arriere. Nous etions a 100 metres de denivele du sommet Vallunaraju et a 1h30 de marche. Je me dis que j'ai manque de volonte et cela me desole. Ironie du sort, les nuages disparaissent au fur et a mesure que nous descendons et toute la journee, le soleil brillera avec force!
Au retour, je suis finalement assez contente de toutes ces nouvelles experiences bien que decue par mon manque de volonte. Au moins, mes maux de coeur et de tete se sont evapores.
Le soir, la fatigue est intenable et je dois aller me coucher a 21h. Ce sommeil fut revigorant et je ne dis pas que je suis prete a remonter immediatement mais je me sens en meilleure forme qu'hier.
Ce soir je quitte Huaraz. Apres deux semaines passees ici, il est temps que je continue mon chemin si je veux voir quelques sites du Perou. Je sais deja que je ne verrai pas grand-chose car le pays est immense et les distances enormes. Un peu comme en Argentine...
A bientot!