vendredi, avril 29, 2005

Lago Titikaka

Nous descendons toujours plus dans le sud et approchons dangereusement de la Bolivie... Nous voici d'ailleurs pres du Lac Titicaca qui fait frontiere entre les deux pays.
Il se situe a 3 800 metres d'altitude et cela en fait le plus haut lac navigable du monde. Mais il n'est pas le plus grand car sa superficie ne depasse pas les 8000km2. Combien couvre le Leman?
Pour mieux nous familiariser avec ce grand lac, nous avons suivi un groupe organise qui proposait deux jours de visite des Iles Uros, Amantani et Taquile entre hier et aujourd'hui.
Des la montee sur le bateau, on a vite l'impression de naviguer sur la Mediterranee. En effet, a cette altitude le soleil est tellement pur qu'il donne des couleurs d'un bleu mediterraneen a l'eau. Mais a la vue des sommets enneiges je me rappelle qu'il fait froid malgre tout. La temperature ne doit pas depasser les 15º en plein zenit.
Nous accostons dans la matinee sur les Iles Uros dont la particularite est qu'elles sont flottantes, construites a l'aide des roseaux qui poussent dans la partie basse du lac. Les Uros etait une tribu aujourd'hui eteinte mais des habitants de Puno ont vite compris l'interet economique de telles iles et se sont installes sur ces ilots ou ils vivent de tourisme.
Nous reembarquons sur le bateau et navigons pendant 3 heures sous un soleil de plomb avant d'atteindre l'Ile d'Amantani qui sera notre point de chute pour la nuit. Ici, pas d'hotels ni de restaurants car les habitants tentent de preserver leurs coutumes tout en reconnaissant egalement l'interet economique du tourisme. Ainsi, nous sommes repartis dans plusieurs familles qui nous preparent le repas et nous offrent un lit. Ceci peut etre un bon moyen de communiquer avec les habitants et d'essayer de comprendre un peu leur vie quotidienne.
Nous dormons chez Flora et sa famille qui nous prepare un dejeuner typique de l'ile. Celui-ci se compose d'une soupe de quinoa (une cereale inconnue auparavant) suivie d'une assiette de pommes de terre, d'un oeuf cuit dur et de quelques oca (encore inconnus auparavant : une racine blanche ayant la forme d'une carotte mais ressemblant au navet). Nous sommes un peu decus d'etre servis dans la chambre a l'ecart de la famille mais il est deja tard et ont deja certainement mange. Les trois enfants de 6, 9 et 10 ans s'affairent deja pour repartir aux champs cueillir pommes de terre ou ocas. La famille possede deux vaches, un veau, cinq moutons et des cochons d'Inde (qui remplacent nos lapins).
Apres le repas, nous faisons une petite marche avec notre mauvais guide qui ne donne jamais d'explications interessantes et fait des blagues stupides. Cette ballade nous mene en haut d'une colline ou se situe le temple de Pachatata mais celui-ci est entoure de barriere avec interdiction d'y entrer. La vraie recompense est d'assister au coucher de soleil mais, a cause de l'organisation de notre guide, il nous faut quasiment courir pour arriver au sommet avant que le soleil ne soit deja de l'autre cote de la terre.
Nous regagnons ensuite chacun nos familles qui nous attendent avec le souper. Flora nous apporte encore le repas dans notre chambre qui ressemble a une prison avec sa table et ses deux chaises. Elle accepte notre demande de manger avec la famille et nous conduit a la cuisine. Tout le village est sans electricite et, au fond de la piece, il y a un four a bois ou sa mere prepare le repas pour la famille. La fumee sort difficilement car il n'y a pas de conduit de cheminee. Les hommes ne sont pas presents. Seul le fils aine vient chercher la soupe ou le riz et repart aussitot.
Nous discutons un peu avec Flora puisqu'elle est la seule a parler espagnol. Sa mere, n'ayant jamais quitte son ile, ne parle que le Quecha, langue descendue des Incas et tres repandue au Perou.
Apres le repas, nous devons nous preparer pour aller a la fete organisee par les familles nous recevant. On nous prete des costumes traditionnels et c'est bien dommage que je ne puisse pas integrer de photos a mon blog car PH, avec son poncho et son bonnet peruvien, et moi, avec ma jupe en velours verte et mon chemisier blanc a fleurs brodees, etions magnifiques!
Un groupe joue de la musique traditionnelle et les dames de nos familles nous entrainent dans la danse car , pauvres touristes, nous sentons un peu ridicules. Au moment de partir, Flora nous propose de rentrer avec sa soeur. Elle s'amuse bien, elle!
Le lendemain matin, le petit-dej est servi : des beignets bien huileux et un mate de punia (une herbe de l'ile au gout menthole). Puis notre hotesse, bien disciplinee dans son role impose par notre guide, nous conduit au port ou nous embarquons pour la derniere ile : Taquile.
Nous accostons, le guide nous fait marcher de l'autre cote de l'ile pour nous occuper. Certes le paysage est tres joli bien que identique a celui d'Amantani. Le point de rendez-vous est la place principale ou nous avons du temps libre. Notre guide ne prend pas la peine de nous expliquer ce que l'on pourrait eventuellement visiter alors nous nous enfoncons un peu dans le village jusqu'a l'ecole ou les enfants jouent au foot et au volley-ball pendant que des paysans ramassent les ocas.
Nous devons retourner a la place a 11h ou notre guide nous entraine un peu plus loin et nous installe autour d'une table en nous demandant ce que nous prendrons pour dejeuner : poisson ou omelette?
Pour nous occuper en attendant que les plats soient servis, ils nous fait une description des tenues vestimentaires des habitants et nous explique comment reconnaitre les celibataires des maries a leurs bonnets. Le probleme c'est que nous rencontrons des gens avec des chapeaux. Sont-il maries ou pas?
Il nous fait ensuite reciter ce que nous avons appris la veille mais n'est pas tres content car nous ne nous rappelons pas de tout. Il termine la lecon de la pire maniere que ce soit pour nous faire paraitre des touristes stupides au point de ne vouloir entendre que des anectodes.
Ainsi, les habitants de Taquile vivent encore selon les lois incas, soit :
- Interdiction de voler
- Interdiction de paresser
- Interdiction de mentir
Ceci explique cela :
- Pas de chien sur l'ile car pas de voleurs!
- Pas de cheval ou d'ane sur l'ile car il faut travailler dur!
- La, j'ai arrete d'ecouter...
Nous repartons pour 3 longues heures sur notre bateau pourri ou le moteur chauffe tellement que les banquettes en deviennent brulantes. En arrivant dans le port, le capitaine, qui a failli s'endormir a sa barre, distribue (presque a chacun!) des gilets de sauvetage pour ne pas etre amendable.
Et nous voici de retour a Puno, ville portuaire bruyante et poussiereuse, que nous quitterons demain. Meme si je suis un peu severe sur la description de notre tour, je n'en retiens pas moins que le lac en lui-meme est une beaute naturelle mais je regrette le manque de spontaneite des gens que nous avons rencontres. Nous nous attendions a plus d'authenticite en dormant chez l'habitant mais malheureusement les contacts sont restes superficiels et interesses. Enfin, c'est ca le tourisme aussi!

mardi, avril 26, 2005

Machu Picchu

Voila, voila, nous avons visite l'incontournable site le plus visite du Perou.
Il est vrai que la situation geographique du Machu Picchu est assez incroyable. Encercle tout autour par des montagnes verdoyantes, on comprend mieux pourquoi les Espagnols n'ont jamais eu vent de l'existence de ce site inca et comment les explorateurs plus tard l'ont cherche en vain.
Du haut du Machu Picchu on voit la riviere qui creuse la vallee en contre-bas mais meme un conquistador sur sa barque aurait eu bien du mal a apercevoir les terrasses construites par les Incas. Tout se confond tellement dans la nature qu'il faut vraiment etre dessus pour le deviner. Une sorte de cameleon inca...
Comme le site est extremement touristique, nous avons fait l'effort de nous lever a 4h du matin pour demarrer avant la horde. Le premier bus pour le Machu Picchu partant a 6h30, nous sommes montes a pied. On etait vraiment motive PH et moi! Une heure de grimpe pour arriver a l'ouverture du site, a 6h du matin. Nous ne sommes encore qu'une dizaine de visiteurs.
On paie l'entree, on se croirait dans un centre de loisirs, genre EuroDisney. On ne sait plus trop pourquoi on est venu la. On voit trois batisses en pierres devant nous et on cherche des yeux ce que l'on a vu 15000 fois en photos. Quand soudain, derrieres ces maisons, s'offre a nos yeux une cite royale vieille de 500 ans dans un etat de conservation incroyable.
On reste tout d'abord en contemplation devant cette representation grandiose du passe avant de se decider a descendre pour mieux s'impregner de l'infrastructure des lieux. Le Machu Picchu etait tres certainement une sorte de palais royal pour l'Inca et son entourage. Environ 1200 personnes y vivaient en permanence et l'entretenaient.
Les vestiges les mieux conserves sont ceux des edifices les plus importants, tels que temples ou palais, car ils etaient construits avec des pierres, uniquement liees entre elles par une decoupe parfaite. Les batiments etaient construits de forme trapezoidale qui permettait de resister aux nombreux seismes. Les conquistadores utiliserent du ciment pour reconstruire Cusco a leur gout et eurent la mauvaise surprise de voir detruite la majorite de leurs constructions lors de tremblements de terre alors que les batiments incas resterent debout! Petite parenthese anectodique.
La cite etait composee de differents quartiers disposes autour de la place centrale qui ressemble a un grand jardin verdoyant. La pluie abondante permettait de cultiver les nombreuses terrasses construites a flanc de montagne.
L'infrastructure est quasiment intacte du fait que la citadelle n'a ete "decouverte" qu'en 1911 par l'Americain Hiram Bingham et donc pas detruite par les Espagnols.
On s'emerveille devant l'Intiwatana qui servait d'observatoire astronomique; les temples; le palais royal; le tombeau royal ou serait momifie un Inca; la rue des fontaines ou coule une serie de petites rigoles; la stele des sacrifices en forme de condor...
Il m'est impossible de faire une description detaillee du site car il me faudrait y passer des heures. Je retiens surtout l'atmosphere magique d'un tel endroit accentue par les nuages tombant des montagnes jusqu'a recouvrir le site d'un brouillard blanc.
Une telle experience donne envie de prolonger la visite jusqu'a Choquequirau qui, contrairement au Machu Picchu, etait connu des Espagnols mais fut oublie jusqu'en 1986. Le site est maintenant ouvert aux visiteurs mais accessible uniquement par une randonnee de 5 jours. Ce detail le preserve des 250 000 visiteurs annuel du Machu Picchu. Avis aux amateurs d'originalite!

Vanessa, pour les photos, il faudra attendre mon retour car je n'arrive pas a les publier et PH semble avoir des soucis aussi!
Phanie, recois-tu mes e-mails sur cara car l'adresse de Steiner refuse mes messages?

vendredi, avril 22, 2005

Les vacances

Toujours a Cusco, toujours a errer gentiment dans ses ruelles tortueuses.
Nous avons tout de meme fait le tour des ruines incas des alentours. Nous avons pris une journee pour marcher les quelques 10 km de circuit.
Cette ballade nous a permis d'admirer les restes d'une forteresse inca surplombant la ville du Cusco ainsi que d'autres temples et bains reserves a l'Inca.
Il n'y a pas encore trop de touristes bien que la saison va commencer a ouvrir des le mois de mai. Pour l'instant nous apprecions encore la nature et sa serenite.
Bientot, nous vous parlerons du fameux site du Machu Pichu...

Merci Caro pour ton message. J'ai termine le carnet de notes que vous m'avez offert. Il m'a beaucoup inspire pour ecrire!

mardi, avril 19, 2005

Cusco la belleza

Bonjour a vous qui avez encore le courage de me lire!
L'arrivee a Cusco par les airs est assez impressionnante. On a l'impression que l'on va se poser dans un champ ou sur une maison car la minuscule piste d'atterrissage se situe en plein centre de la ville.
Depuis les airs toujours, la difference de vegetation avec la cote est flagrante. Ici tout est vert et plein de vie, entoure de montagnes, certaines avec des sommets enneiges.
Cusco se situe a 3 400 metres d'altitude et pourtant ni PH ni moi ne ressentons le mal des montagnes. Par contre il fait froid le soir! La ville est le point de depart pour le Machu Pichu a quelques dizaines de km d'ici. Ceci explique la grande presence des touristes.
Malgre cela, la bourgade a conserve une atmosphere agreable de montagne et on s'y sent vite a l'aise.
Comme a Arequipa, la pierre est tres presente et donne son charme a la place centrale entouree d'arcades abritant ateliers d'artisanat et agences touristiques. Les rues pavees apportent une touche inca a l'endroit mais les cinq eglises de la place rappellent que la ville fut conquise par les Espagnols. Ceux-ci construisirent beaucoup d'edifices religieux a Cusco pour faciliter l'eradication de l'empire inca.
Apres avoir survole les differentes possibilites de randonnees et de visites, nous estimons qu'un sejour de dix jours est le minimum. Comment allons-nous faire? Mon visa expire le 21 avril. Je n'ai pas vu passer ces 45 jours au Perou surtout depuis que PH m'a rejointe.
Heureusement, le Perou est un pays pour les touristes et les visas sont facilement prolongeables d'un mois. Cela nous laisse encore beaucoup de possibilites...

lundi, avril 18, 2005

Pisco sour

Apres une semaine passee dans la serenite des montagnes et la jungle, l'arrivee a Lima fut un difficile retour a la realite.
La suite de notre voyage est cette destination la plus connue du Perou : le Machu Pichu. Comme mon visa expire bientot, nous avons decide de prendre un avion pour nous y rendre mais il nous faut attendre quelques jours.
Plutot que d'errer dans Lima a nos risques et perils, nous avons decide d'en profiter pour descendre plus dans le sud a Pisco, capitale de la liqueur de raisin portant le meme nom.
L'attraction de cette ville ne se resume pas uniquement a cet alcool repute que nous n'avons meme pas goute sur place. En fait, la ville est un bon point de depart pour les iles ballestas ou nichent cormorans, fous, pelicans, vautours et otaries. Le guano des oiseaux est tellement abondant qu'il est recupere pour ses valeurs fertilisantes. Le risque d'en recevoir plein la tete pendant la visite est un bon argument pour les vendeurs de chapeaux!
La visite est tres belle et l'observation des animaux un vrai plaisir mais la queue des bateaux de touristes nous obligent a avancer alors qu'on aimerait lancer l'ancre pour mieux admirer voler les oiseaux ou s'ebattre les lions de mer dans l'eau.
La suite de la visite se fait dans le parc national de Paracas, une peninsule desertique aux larges dunes de sable qui possede des plages au sable gris ou rouge. De formidables formations rocheuses erodees par l'eau donnent un relief mysterieux aux plages.
Un couple de Francais nous a permis de deguster du delicieux poisson frais car nous avions oublie notre argent a l'hotel!
J'espere que chez nous, le temps est redevenu a peu pres normal. Merci a Florent pour me tenir au courant de la vie dans le Pays de Gex et bravo pour ton orthographe! Continuez de me faire partager votre vie la-bas qui me permet de me sentir plus proche de vous...

jeudi, avril 14, 2005

Farniente

Hello a tous!
Tout va bien, on est reste un jour de plus dans la jungle pour bien s'impregner de l'atmosphere.
Nous avons juste quitte la ville pour un bungalow un peu plus au calme. Je me sens en vacances avec la cascade a 20 mn ou il fait bon se rafraichir.
Il faut en profiter car demain nous retournons dans la puanteur et le brouhaha de Lima. Mais on ne restera pas longtemps!

mercredi, avril 13, 2005

Initiation a la jungle peruvienne

On pense rarement a visiter la jungle en venant au Perou et pourtant la foret amazonienne recouvre tout l'est du pays. En gros, l'ouest est occupe par la cote et la Cordillere des Andes.
Nous sommes arrives il y a deux jours apres avoir termine la visite de la region montagneuse de Tarma et sa foret de pierres dont l'origine reste inconnue. Du coup, la legende met cette oeuvre naturelle sur le compte des extra-terrestres, tres populaires dans la region.
Apres la fraicheur des reliefs, il fait bon se retrouver dans un climat tropical et se baigner dans des cascades du genre "Taihiti douche"...
La region vit principalement de la culture des fruits. On trouve de tout, des bananes aux ananas en passant par les avocats et oranges sans oublier les nombreuses especes gouteuses que je ne connaissais pas auparavant.
Bref, a la Merced l'atmosphere est bien differente de ce que j'ai vu du Perou. Meme les colonisateurs etaient differents puisqu'ici on ne parle pas (trop) des Espagnols mais des Italiens, Allemands et Autrichiens.
On nous a fait rencontre un reste de tribu d'Indiens qui ont survecu aux massacres des colons. Les Ashaninkas sont reconnus et proteges par le gouvernement seulement depuis 1998. Aujourd'hui ils vivent principalement de tourisme qui leur permet de preserver leurs coutumes. Hmm on a meme eu droit a revetir le costume traditionnel et a danser avec les Indiennes!
Voila pour ce qui est de notre initiation a la jungle. Nous devions repartir demain pour Lima mais nous prolongeons d'une journee notre sejour ici tant la foret luxuriante recele de richesses a decouvrir.
Bon et maintenant ecrivez un peu! Vous faites les morts depuis quelques jours!

dimanche, avril 10, 2005

Tarma, la perle des Andes

Bonjour a tous,
Tout d'abord merci a Guillaume et Maxime pour votre gentil message mais S'IL VOUS PLAIT, faites un effort : utilisez un dico ou faites vous aider car ces fautes d'orthographe m'arrachent les yeux!! Que cela ne vous retienne pas de m'ecrire surtout!
Nous sommes a Tarma que nous avons rejoint en 7 h de bus depuis Lima. Cette ville se situe a 3050 metres d'altitude a 500 km a l'est de Lima (ces informations sont pour Papa).
Chris et Javier nous font visiter la region depuis deux jours. Le coin est formidable pour ceux qui aiment la nature. Cette region montagnarde regorge de nombreuses attractions telles que Huagapo la plus profonde grotte d'Amerique du sud (exploree seulement jusqu'a 2 500 metres de profondeur), les sources d'eau salee de Cachipozo a 4000 metres d'altitude, des ruines incas, un pelerinage a l'eglise du Señor de Muruhuay, repute pour ses miracles et parce que cette representation du Christ, peinte a meme la roche, est la seule a avoir resiste pendant un tremblement de terre, ou encore La Florida, la plus ancienne hacienda de la region, nichee dans un magnifique coin de verdure.
Pierre-Henri teste son aptitude a supporter l'altitude pendant que je goute aux delicieux plats typiques tels que le manjar blanca, une sorte de lait concentre sucre que l'on trouve dans les churros ou le fromage frais de brebis deguste avec le pain noir de la region.
Mmm qu'il est bon de se ressourcer au milieu de cette nature preservee!

vendredi, avril 08, 2005

Retrouvailles

Ca y'est! Je suis de nouveau avec Pierre-Henri. Apres un mois de voyage en solitaire, il nous tardait de nous retrouver pour partager ces moments de decouverte.
Nous avons passe nos deux premiers jours ensemble a Miraflores, banlieue de Lima (et bien moins dangereuse que celle-ci).
Nous y avons retrouve le groupe avec qui j'avais fait une randonnee de 4 jours dans la vallee de Santa Cruz pres de Huaraz. Nous avons ete ensemble au concert de Bacilos, groupe oriente merengue. On n'echappe pas a l'ambiance sud americaine!
Maintenant nous sommes en route pour la jungle avec de nombreux stops en montagne. PH a depasse son premier Mt Blanc lorsque le bus a passe un col a plus de 4 807 metres.
Pour plus d'informations, veuillez lire le blog de PH car je suis un peu plus paresseuse aujourd'hui!

mardi, avril 05, 2005

Colca Cañon

Me voila de retour d'une autre petite randonnee mais cette fois-ci, je le promets, pas de surpassement superflu. Au contraire, ces deux jours de ballade furent tres agreables. Je parle pour moi puisque le groupe de 6 Danois (ils me poursuivent) avec qui j'etais ne s'est pas autant amuse que moi.
Nous avons commence l'excursion par 5 heures de route a 2h du matin. Ils aiment commencer tot dans ce pays. J'ai d'abord cru que l'agence m'avait oublie car la veille ils m'ont change de groupe a la derniere minute a cause d'une intoxication alimentaire de l'un des clients. On m'avait donne rendez-vous a 1h mais trois quart d'heure plus tard, aucun taxi a l'horizon. Ils sont finalement arrives et nous avons attrape le bus en cours de route! Je n'ai pas plus de details sur ce qui s'est passe.
A 7 heures du matin, nous arrivons pres du village de Cabanaconde a 3 800 metres d'altitude. Nous prenons le petit-dejeuner puis entamons la randonnee. Comme nous avons l'intention de dormir au fond du canyon, nous commencons par descendre. Le chemin est assez glissant car il est forme de gravillons. Le guide s'arrete toutes les deux minutes pour nous raconter une anecdote ou nous donner une explication. J'aimerais bien marcher moi!
Apres quelques minutes de marche nous avons deja la chance d'apercevoir trois condors perches en haut des rochers. Il nous faut les jumelles pour les distinguer correctement. Puis apres une heure de marche un condor s'amuse a nous survoler. Pense-t-il que certains du groupe vont servir de pitence? Toujours est-il qu'il nous donne l'occasion de bien l'observer.
Nous continuons de descendre. Avec ses 3 400 metres de profondeur, il est deux fois plus profond que le Grand Canyon d'Arizona. La ballade est gentille, le chemin serpente dans la paroi abrupte du canyon, il y a des cactus, des fleurs jaunes, violettes, des muletiers nous depassent, nous traversons la riviere sur un pont de bois branlant. Bref, c'est tres buccolique est j'aime ca!
Apres 4 heures de marche, nous dejeunons chez la soeur de notre guide, Martial, qui nous prepare du riz et omelette aux legumes dans un cadre paradisiaque avec des tables en bois et des pare-soleils en bambous. Dans ce minuscule hameau sans electricite, il y a tout de meme des toilettes propres et une douche pour les campeurs eventuels. Autour, tout n'est que verdure.
Nous reprenons la route pour atteindre le campement dans l'oasis. Les pauvres Danois qui avaient mal aux genoux en descendant le chemin sont cette fois essoufles de monter le denivele de 250 metres. Comme nous dit Martial, cette montee est un entrainement pour demain car nous grimperons 1 000 metres. Avec deux des Danois nous faisons un petit test pour savoir combien de temps nous mettons. 10 mn pour les Danois, 15 pour moi.
Apres avoir attendu le reste du groupe, nous continuons le chemin qui est cette fois beaucoup plus plat puis on redescend. J'y vais en courant, c'est moins douloureux pour les genoux!
Le campement est un autre petit paradis. Une piscine a ete amenagee et je ne sais par quelle miracle elle est legerement chauffee. Enfin, pour moi l'eau reste froide, surtout a 5h30 du soir en montagne, mais pas pour les Danois! Nous dormons dans des bungalows en bambous fabriques a l'arrache mais c'est assez authentique. N'est-ce-pas ce que nous recherchons en tant que bons touristes?
Le repas se fait a la bougie car la encore, il n'y a pas d'electricite. Nous avons droit a une delicieuse soupe d'asperge puis a des spaghettis au thon et a la sauce tomate. Un dernier mate de coca pour nous aider a dormir et au lit! Il est 19h mais demain le lever est donne pour 3h.
Je me reveille assez en forme. J'ai definitivement mieux dormi que sous une tente. Et je n'ai pas trop froid et j'ai faim. Que des bons signes! Nous avalons un pancake a la confiture et en route.
Une des Danoises preferent faire la montee en mule. Elle pense ne pas reussi a grimper pendant 4h. Les autres louent une mule pour porter les sacs a dos. Je prefere garder le mien, on ne sait jamais de quoi j'ai besoin.
Et c'est parti. Les deux Danois avec qui j'ai fait le test la veille partent a un sacre rythme. J'hesite a les accompagner car ma resolution est de ne plus forcer mais connaissant les autres femmes du groupe, je crois que je vais m'ennuyer a leur vitesse. Alors je decide de suivre les deux hommes. C'est parti! La cote est raide mais pour moi c'est un vrai jeu apres le Chachani. Ne croyez surtout pas que je me vante mais l'ascension precedente m'a mise en condition! Un premier Danois commence a peiner. Il s'arrete, boit un coup. On ralentit le pas mais au bout d'une dizaine de minutes il est distance. Il faut dire qu'on avance vite. Je sens que l''autre Danois ne veut pas que je passe devant lui. Ca doit etre une caracteristique chez eux : ils sont un peu machos. Cela ne me derange pas car c'est lui qui se fatigue a ouvrir le chemin, surtout dans a la lumiere de nos lampes frontales. Je le suis ainsi quelques dizaines de minutes aussi puis je profite du fait qu'il hesite entre deux chemins pour passer devant. Je sais que "tous les chemins menent a Rome". Il s'agit simplement d'un raccourci, pas de quoi reflechir des heures. J'emprunte le sentier normal car je n'aime pas les raccourcis : ils fatiguent pour rien.
A partir de la, j'accelere encore mon rythme. Je suis decidement en grande forme, je ne sens pas la fatigue. Je seme mon deuxieme Danois. Je depasse plusieurs groupe de deux personnes qui semblent vraiment peiner. Je ne comprends pas! J'entends les mules derriere moi qui transportent la Danoise et les sacs mais pendant une heure nous avancons quasiment au meme rythme puisqu'elles ne me rattrapent pas.
Au bout de ce temps-la, je commence a sentir la fatigue. Le sentier me semble plus ardu. Je profite que les mules me depassent pour demander au muletier dans combien de temps est le sommet. "Diez minutos" me repond-il. Oh! Bonheur. Mais c'aurait ete diez minutos en suivant le meme rythme du depart. Or, cette fois mes pas se font plus lourds et mon souffle plus court. Finalement je pense mettre vingt minutes de plus pour atteindre le haut de la falaise. Depuis le bas, j'aurais mis 2h au total. Mes Danois me rejoignent une demi-heure et une heure plus tard. Le reste du groupe 2 heures apres. Voila, je les ai eus encore mes Danois! J'attends le prochain defi!!
Non, cette fois-ci il n'y aura vraiment plus de defis car je retrouve dans quelques heures mon cher PH. Souhaitez-nous que tout se passe a merveille!

dimanche, avril 03, 2005

Joyeux anniversaire...s

Aujourd'hui, pensee speciale pour ma Maman : Heureux anniversaire! Je souhaite que les inseparables de Phanie ne s'envoleront pas!
Je ne souhaiterai pas l'anniversaire du petit Samuel qui fete aujourd'hui aussi ses 1 an car je n'ai pas pour habitude de me souvenir des dates d'anniversaire et je ne voudrais pas creer d'incident diplomatique entre mes cousins et cousines!
Je me souviens tout de meme de certains heureusement et comme je ne serai pas la demain, je souhaite d'avance un excellent anniversaire a mon amie Fabienne. Raconte-moi tes vacances au Canada et ta soiree d'anniversaire que j'ai rate une fois de plus!
Je crois que vous etes plusieurs a celebrer votre anniversaire en avril, alors vous pouvez m'envoyer un petit message le jour J et je vous le souhaiterai!
Je penserai a vous demain si j'ai la chance de voir voler les condors...
Joyeux anniversaires a tous!

vendredi, avril 01, 2005

Les hauts volcans d'Arequipa

En arrivant a Arequipa, je connaissais l'existence du Volcan Misti, symbole et fierte de la ville. J'avais l'intention d'aller le visiter de plus pres en grimpant a son sommet a 5 825 metres. Malheureusement il n'y avait pas de groupe forme pour l'instant et louer les services d'un guide seule aurait coute trop cher.
L'agence me propose de faire l'ascension du volcan eteint de Chachani. Celui-ci culmine a 6 075 metres et un groupe part des le lendemain. J'accepte de m'y joindre en esperant reussir ce que j'ai rate au Vallunaraju.
L'ascension se fait egalement sur deux jours et il faudra chausser des crampons pour marcher dans la neige.
Le depart se fait le jeudi 31 mars. On vient me chercher a l'hotel a 8h et je retrouve le reste du groupe compose d'un Allemand, d'un Danois, d'un Israelien et d'un Francais. Le Danois de 21 ans, un peu macho, est un peu sceptique quant a la capacite d'une femme de faire l'ascension. Il me demande inquiet si je suis "forte". La note est donnee : il me faudra relever le defi et defendre la cause feminine durant cette randonnee!
Nous embarquons dans le 4x4 qui nous depose a 5 000 metres d'altitude. De la, les rochers se dressent abruptement devant nous et la piste jusqu'alors pratiquable s'arrete.
Nous marchons seulement 1h30 pour atteindre le campement qui s'eleve a 5 300 metres. Ce parcours s'avere penible a cause du poids de mon sac. Il est 13h30.
Nous nous reposons un peu avant que la soupe ne soit servie a 16h30. C'est l'heure habituelle des repas en haute montagne car le temps se rafraichit rapidement. D'ailleurs, des la fin du repas, une averse de neige nous oblige a nous retirer dans nos tentes. Nous avons ordre d'aller dormir. Impossible de fermer l'oeil de la nuit car on m'a fourni un sac de couchage qui ne ferme pas et je ne parviens pas a me rechauffer.
Jose, notre guide, nous reveille a 2h car il est conseille de marcher de bonne heure pour beneficier de meilleures conditions de neige. Je ne peux rien avaler car j'ai mal au coeur. Mes camarades ont eux plutot mal a la tete. J'entends un petit "hoho" craintif de la part du Danois lorsque j'annonce que je ne me sens pas bien. Jose me conseille de ne pas me retenir de vomir car cela arrangera mon estomac. Je suis son conseil et me sens effectivement mieux de ce cote-la. Par contre, j'ai toujours tres froid, non seulement a cause de la temperature negative mais aussi a cause de la fatigue. Il est temps de bouger car je vais geler sur place.
Nous nous mettons en route vers 3h. Des halos de lampes frontales se suivent lentement entre les rochers. Nous montons en zigzag. Au bout d'une heure, nous nous arretons pour chausser nos crampons. Je n'ai pas la force de les attacher tant je ne sens plus mes doigts raidis par le froid. Jose est oblige de le faire pour moi puis il tente de rechauffer mes mains.
Nous repartons. Dans la neige, nous marchons encore plus lentement car il faut tracer le passage. Le plus difficile est de contourner une montagne. Nous appelons ce passage l'"atravesia" car nous traversons le flanc en son milieu. Comme il fait nuit, nous ne voyons pas la pente mais nous sentons bien l'inclinaison.
Le jour se leve. Nous faisons une pause. Mes doigts sont toujous aussi geles. Jose me refait un massage et cette fois, je sens le sang affluer a nouveau car mes doigts me font mal. Nous repartons avec plus de fatigue accumulee.
Nous entamons cette fois l'ascension de notre montagne. L'inclinaison est raide et nous montons encore en zigzagant. Le groupe commence a s'etirer. Les plus faibles perdent de la distance. Je suis dans le "groupe de tete" avec mon Danois! Je suis epuisee mais je tiens le coup. Tout le monde semble etre dans le meme etat. Nous sommes au pied de la derniere montee. Meme mon Danois rale de peine! Apres un ultime effort, nous apercevons enfin la croix qui symbolise le point culminant.
Nous sommes recompenses de l'ascension de 6h par cette vue degagee sur les autres sommets et sur le Misti qui, lui, n'a quasiment pas de neige. Le soleil brille fort maintenant et nous pourrions nous endormir sur place tant nous sommes epuises. Les retardataires arrivent aussi. Il est temps de redescendre en empruntant le meme chemin.
Les montees de l'aller se descendent en peu de temps car il suffit de se laisser glisser dans la neige. Par contre l'atravesia est particulierement eprouvante. D'abord parce que le guide n'ouvre plus le chemin car il doit rester en arriere pour accompagner le Francais qui n'en peut plus. Ensuite parce que le vent a recouvert nos traces du matin et qu'il faut les refaire. Enfin la neige est beaucoup moins dure et nous nous enfoncons et glissons plus. Les piolets nous sont tres utiles pour nous retenir de glisser dans la pente.
En glissant, j'arrive a surprendre le Danois en manoeuvrant le piolet et en enfoncant energetiquement les crampons dans la neige pour remonter sur le chemin. Cette fois, il pense que je suis experimentee car je n'ai pas panique. Il faut dire qu'il n'y avait pas de raison de paniquer!
Une fois la montagne recontournee, il faut remonter une petite pente mais pour nous qui sommes a bout de forces, cela semble une epreuve terrible.
J'ote mes crampons car la neige est trop molle et elle s'accroche en faisant un gros bloc sous les chaussures. Le soleil frappe de plus en plus fort. Nous gravisssons la colline et il ne nous reste plus que de la descente. Je n'arrive pas a croire que nous avons monte toute cette cote!
Apres 3 heures de redescente, nous parvenons au campement et plions les affaires en attendant l'arrivee du Francais. Le pauvre ne parle plus, ne bouge plus. Il me dit etre completement dans un autre monde.
Il nous reste encore l'ultime descente, le dos charge a bloc, pour rejoindre le 4x4 qui nous attend deja. Une derniere photo de groupe et nous pouvons enfin nous reposer.
Je suis contente d'avoir reussi cette ascension. Je me suis prouvee que tout n'est que question de volonte. Cela me derangeait depuis le Vallunaraju. Mais je me rends compte que j'ai plus souffert que pris de plaisir.
Je peux certes accomplir des "exploits" mais j'ai l'impression que cela ne m'apporte plus rien. Ma resolution est de ne plus repousser mes limites. M'y tiendrai-je plus longtemps qu'a celles que l'on fait en debut d'annee?