lundi, mai 30, 2005

Les longues distances

San Pedro d'Atacama est situee en plein desert. Notre journee sur place fut un peu indecise. Nous ne savions pas s'il nous fallait profiter de ce point strategique pour visiter le nord du Chili qui ressemble fort a la Bolivie par ses deserts et ses hauts-plateaux.
Finalement, nous visitons la Vallee de la Lune et ses belles formations rocheuses, salees et arides. Le coucher de soleil en haut d'une imposante dune de sable nous permet d'admirer les couleurs rose/orangees sur les montagnes.
Malgre tout, la region ne retient pas notre coeur. Il est certain qu'apres trois semaines passees entre desert et hauts-plateaux, nous aspirons a plus de clemence de la part du temps. Surtout lorsque l'on sait qu'en Europe il fait autour de 30º!!
En Amerique du Sud, nous entrons dans l'hiver et plus nous descendons dans le sud, plus il fait mauvais. Inutile de preciser que nous parcourons exactement le trajet inverse des autres voyageurs! Cependant, nous ne sommes pas mecontents d'avoir quitte la Bolivie dont la situation ne semble pas s'ameliorer. La Paz commence a manquer de ravitaillement et l'acces a son aeroport est bloque. Autant dire qu'il est difficile de voyager dans le pays si la Paz est inaccessible car elle est un passage oblige entre le sud et le nord ou meme pour le Perou par le Lac Titicaca.
Au Chili, nous sommes bien loin de ces soucis, tout comme ceux de la Constitution Europeenne... Notre seule preoccupation est la reservation de nos bus pour les longs trajets entre nos differentes etapes.
Apres San Pedro d'Atacama, 12 heures de bus (bien plus confortables qu'en Bolivie), puis Chañaral. Cette fois nous sommes pres de l'Ocean Pacifique. Enfin du poisson et des fruits de mer dans nos assiettes! On peut meme eviter de manger riz et frites a chaque repas. Nous nous prelassons dans cette petite ville de 12000 habitants ou la masse de touristes du nord ne nous a pas suivis.
C'est l'endroit ideal pour se ballader dans le parc Pan de Azucar qui abrite de nombreuses especes d'animaux et de cactus. Nous n'irons pas jusque sur l'ile du meme nom malgre les colonies de pinguins de Humboldt qui nous attendent car il faut s'y rendre en kayak et j'ai la chair de poule rien qu'a l'idee de me mouiller! Nous nous contentons de marcher sur la plage et de contempler les vagues violentes.
Pour le reste de la faune, elle vient a nous : deux renards qui nous approchent pour un morceau de pain, des mouettes et autres oiseaux qui picorent la nourriture apportee par les vagues, des pelicans qui font le guet pres des bateaux de pecheurs dans l'attente d'un poisson oublie...
Deux jours sur place dans une petite hospedaje au gerant plus qu'avenant puis nous reprenons un bus. Pour la Serena cette fois-ci. Six heures de bus et nous voila plus qu'a 500 km de Santiago! Nous avons deja parcouru 1200 km depuis San Pedro.
A la Serena il fait pour l'instant gris, 13º et humide mais la ville est animee, ses ruelles remplies de cafes et l'internet est a prix raisonnable!

mercredi, mai 25, 2005

Entree au Chili

Notre Tyson national continue de nous demontrer ses talents de mauvais organisateur. Nous devions demarrer a 6h30, nous monterons finalement dans le 4x4 apres 7h30.
En vitesse, nous nous dirigeons vers les Geysers. Une attraction naturelle passionnante! Il s'agit d'un sous-sol volcanique ou des orifices plus ou moins grands se creent dans la terre pour laisser eclater a la surface de la boue en ebulition.
Vite vite nous reprenons le vehicule jusqu'a la Laguna Verde, un autre grand nom dans le domaine des lagunes. Mais la encore, le vent ne nous permet pas d'admirer les couleurs magnifiques qu'elle fait miroiter normalement.
Tyson nous presse de prendre les photos necessaires avant de nous emmener pour nous deposer a la douane chilienne. Nous laissons la le reste du groupe puis nous en allons jusqu'a mi-chemin ou nous echangeons de 4x4 avec un autre touriste qui apparemment est le seul de son groupe a retourner a Uyuni.
Le temps est compte car nous devions attraper un mini-bus a 10h et nous avons deja une heure de retard. Nous subissons les remontrances du chauffeur qui nous attend depuis longtemps en nous precisant qu'il n'y a plus de place et que c'est le dernier transport de la journee pour le Chili. Je profite de cet eclat de voix pour relacher egalement toute la tension que j'ai accumulee depuis la veille!
A la frontiere, seul un des passagers, un Colombien, est retenu a la douane. Les autres passagers europeens sont outres que le chauffeur parte sans l'attendre ni meme se preoccuper de la situation. Cette scene me rappelle etrangement celle de notre passage Perou-Bolivie.
Mais ces pays sont cette fois bien loin. Nous voici maintenant dans le pays le plus cher d'Amerique du sud, un pays developpe ou les vetements modernes et les visages clairs font place aux peaux tannees, aux tissus colores et aux chapeaux melon des femmes. C'est avec un peu de nostalgie que j'arrive a San Pedro de Atacama.

mardi, mai 24, 2005

The Laguna Colorada

Durant cette journee ensoleille mais extremement venteuse, nous continuons notre cheminement a travers le desert du sud de Bolivie. En fait, il y a des delimitations entre les deserts mais pour moi le sable se ressemble...
Encore une fois les trajets sont longs. Heureusement j'ai droit de sieger a cote du chauffeur ou mes genoux se sentent plus a l'aise. Nous roulons toute la journee avec arrets "photo" a el arbol de piedra (une formation rocheuse en forme d'arbre) et plusieurs lagunas dont je ne me souviens pas des noms. La premiere nous permet d'admirer quatre flamands (plus tot dans l'annee, la marre en est remplie)! Malgre le peu d'exemplaires "exposes", on arrive a recenser le flamand andin et le flamand St James.
On passe rapidement une autre lagune avec deux flamands, quelques autres assechees car c'est la saison seche, eh oui, avant de nous arreter a la Laguna Colorada. Je me souviens du nom de celle-ci car c'est une des plus celebres. Ses couleurs changent grace aux mineraux que son eau contient et la rendent magnifique. En temps normal... Car aujourd'hui c'est trop venteux. Du coup l'eau est blanche. Point. Elle ne merite meme pas de photo malgre son nom.
Cette lagune est tellement reputee qu'une sorte de station pour touristes s'est construite sur son bord. Quelques batiments carres ou les visiteurs s'entassent dans les dortoirs. Il fait froid, extrement froid. C'est a cause du vent.
J'abandonne tout le groupe lorsqu'il tente courageusement une visite des bords de la lagune. Je reste sur mon lit, emmitouflee dans une couverture en tentant d'oublier la temperature grace a une lecture qui ne requiert pas une grande concentration (El Código da Vinci, en espagnol s'il vous plait!). Je vois revenir mes collegues un a un, grelottant. Seul PH revient tranquillement apres tout le monde, satisfait de sa petite course autour de la Laguna Colorada. Il est le seul souriant et rechauffe, avec le Suisse qui lui non plus ne se plaint pas du temps.
Nous attendons maintenant avec impatience le mate de coca promis. Celui-ci ne viendra jamais, notre chauffeur-guide etant introuvable. Avec l'autre fille du groupe, nous affrontons courageusement le froid a sa recherche. Nous perdons patience en voyant que tous les autres sont servis, bien au chaud. Les hommes restent sereins en jouant aux cartes.
Nous trouvons enfin les cuisinieres qui s'occupent de nous sept. Elles disent que le repas sera bientot servi mais Charlotte et moi mourons de ne pas avoir bu notre eau chaude. Tyson, ainsi surnomme a cause de sa gencive debarrassee de dents en haut de la bouche, refait son apparition. Il s'excuse de l'abandon. Il est lui-meme en mauvaise posture car les 3 agences d'Uyni qui nous ont places ne se sont pas organise pour le lendemain. Ainsi Tyson ne sait pas comment se detripler avec nous deux qui continuons sur le Chili (c'etait prevu Vanessa!), un Francais qui a reserve 4 jours d'excursion et les autres qui rentrent a Uyuni.
Nous lui pardonnons car le repas est servi. Soupe, pates et au lit! Je ne sais pas comment font les hommes pour continuer de jouer aux cartes dans ce froid glacial.

lundi, mai 23, 2005

Le Salar de Uyuni

Deja une semaine que nous n'avons pas ecrit... Une semaine passee dans des lieux retires du monde civilise.
Apres notre dernier message, nous sommes arrives a Uyuni a 2h30 du matin en provenance de Potosi. Uyuni se situe a l'entree de son desert de sel. Il y fait tres ensoleille la journee, glacial la nuit. Heureusement, nous avions un minimum prevu notre arrivee dans la nuit et une chambre nous etait reservee. Ainsi, nous avons pu nous y reposer quelques heures avant de faire l'ouverture des nombreuses agences touristiques qui nous permettraient de partir visiter le Salar d'Uyuni et le Sud Lipez, deux regions tres tres touristiques.
Uyuni a beau etre une minuscule ville de 2 ou 3 milliers d'habitants, sa position strategique attire de nombreux touristes et on trouve hotels, restaurants et agences en grand nombre. Malgre cela, nous n'avons pas pris le luxe de passer en revue les agences en pensant que toutes proposaient plus ou moins les memes services.
Nous avons donc reserve un tour en 4x4 de 3 jours / 2 nuits avec Paula Tours. Mais, comme il est courant en basse et moyenne saisons, celle-ci s'est groupe avec deux autres agences afin de remplir le 4x4 et rentabiliser le tour. L'organisation n'en fut pas rentabilisee de meme!
Et c'est ainsi que nous quittons Uyuni avec un Suisse, deux Francais et deux Hollandais pour notre premiere etape, toute proche : le Salar d'Uyuni. Il s'agit d'une enorme etendue de sel qui croit chaque annee un peu plus. Une petite partie est reservee a son exploitation mais la majeure surface fait partie de la reserve nationale.
On comprend vite pourquoi cette region est une des plus visitee de Bolivie lorsque l'on est entoure d'une mer de sel immacule qui donne parfois l'impression de faire des vagues. L'impression est decuplee depuis la Isla de los Pescadores (des pecheurs) ou poussent de nombreuses especes de cactus. De son sommet, on imagine etre un Robinson perdu au milieu d'un ocean a l'eau uniquement blanche. Enfin, on pourrait se sentir l'ame d'un Robinson en faisant abstraction des touristes dont bien sur on fait partie! Pierre-Henri a tout de meme rale un peu quand il a vu la vingtaine de 4x4 agglutines autour d'un meme site. Mais bon, c'etait a prevoir!
Nous avons quitte le Salar pour nous rendre jusqu'a notre point de chute de la nuit, San Juan, village completement perdu au milieu du desert. Beaucoup de route assis sur une banquette peu confortable m'ont mis les genoux en compote. Heureusement un leger arret pour fotographier des formations rocheuses apres des kilometres de sable nous ont ete benefiques.
A San Juan, du vent, du vent et du vent. Notre guide nous informe que ce n'est rien compare a ce qui nous attend le lendemain. On peut admirer la lune se lever. Elle parait immense! Rien ne vit dans ce village. On cherche desesperement ame qui vive. Enfin, a travers le sable souleve par les rafales de vent, on apercoit la silhouette de deux femmes emmitouflees dans leur epais chale qui rasent les murs d'une ruelle rectiligne.

dimanche, mai 22, 2005

Potosi express

Nous sommes arrives a Potosi samedi apres avoir termine nos visites de musees a Sucre.
Potosi fut tres fameuse et riche a l'epoque de l'exploitation intense des mines d'argent. Aujourd'hui, d'autres mineraux, tels qu'etain, zinc, plomb tentent de conserver l'extraction rentable.
Samedi apres-midi, nous avons visite le couvent Santa Teresa d'Avila ou vecurent, sans jamais en sortir de leur vie, les soeurs Carmelites de bonne famille espagnole. Le deuxieme enfant de ces riches familles, si elle etait une fille, etait destine a entrer dans les ordres des Carmelites, tres strict. Le premier enfant etant destine au mariage et le troisieme a la carriere militaire. Ces destinees etaient un signe d'honneur social a cette epoque-la.
Notre guide, tres bavarde, nous a remis la pression quant aux troubles lies aux protestations actuelles. Nous pensions etre totalement sortis des manifestations mais la guide nous a conseille de quitter la ville dimanche car des lundi de nouveaux bloquages de route sont prevus.
Un peu deconcertes, nous avons essaye de nous renseigner mais les informations diffusees sont toutes aussi confuses que differentes. Certains nous assurent que les problemes ne sont qu'a la Paz, d'autres que peut-etre oui, peut-etre non, et aussi que les bloquages peuvent durer jusqu'a un ou deux mois.
Dans le doute, nous avons decide d'organiser un programme express des "immanquables" de Potosi puis de partir avant lundi.
Ainsi, nous avons visite ce matin la Casa de la Moneda ou etaient frappees les pieces d'argent jusqu'en 1953. Maintenant, les pieces sont fabriquees... en France. Les explications sont assez etranges : il paraitrait que le cout serait moins eleve a l'etranger mais que les pays voisins de la Bolivie seraient trop corrompus pour mener ce travail a bien.
Le musee possede les machines (manuelles, a vapeur, puis electriques) qui servaient a frapper les pieces d'argent entre les sceaux mais aussi d'autres pieces plus generales telles que peintures, sculputres (principalement religieuses), squelettes naturellement momifiees par le climat tres sec et froid de Potosi (je confirme, je suis gelee!), differentes sortes de mineraux trouvees dans les mines.
Apres la visite du musee, nous avons pu verifier l'existence de tous ces minerais en visitant une des nombreuses exploitations minieres du Cerro Rico. Dans cette montagne, quelques 4000 mineurs continuent de creuser, d'exploser la roche a la recherche de ce qui leur permettra de survivre.
En temps normal, on entend des explosions de dynamite et on ressent des vibrations continuelles. Mais aujourd'hui, personne dans les mines! Nous n'avons rencontre qu'un seul mineur qui a accepte de nous montrer son travail et repondre a nos questions avant de terminer le travail. Certes, c'est dimanche, me direz-vous, mais ce n'est pas l'unique raison. Hier, fut le sacrifice du lama et aujourd'hui... les mineurs cuvent. En effet, pour tenir contre la faim, la durete du travail et le froid, ils consomment feuilles de coca, cigarettes et alcool a 96 degres. Rien que ca! Il faut signaler que l'esperance de vie dans les mines et de 45-50 ans et que les mineurs ne connaissent pas le mot "repos". Mais, Don Simon, le mineur que nous avons rencontre, nous a appris qu'il travaillait dans les mines depuis 8 ans et qu'avant il etait agriculteur mais que le travail est encore plus dur vu la mauvaise qualite de la terre et le manque d'eau.
C'est un peu un soulagement de ne pas avoir vu et entendu d'autres temoignages de ce genre car les conditions de vie sont vraiment atroces. On ne se rend jamais plus compte que dans ces moments-la a quel point nous sommes privilegies!
Ce soir, nous quittons Potosi pour rejoindre Uyuni et son Salar et le Sud Lipez. Le tour "traditionnel" dure 4 jours. Etant donne que nous serons en plein desert, il est possible que nous ne pourrons pas ecrire donc pas de souci!

jeudi, mai 19, 2005

Sucre, ville culturelle

Nous avons quitte La Paz, capitale economique, pour rejoindre Sucre, capitale constitutionnelle. Tout cela en avion. Une heure de vol au-dessus des sommets des hauts-plateaux boliviens furent plus appreciables que la perspective de 17 heures de route dans un bus inconfortable.
Ne t'inquiete pas Vanessa, le Chili est toujours au programme mais pas avant la fin du mois. Pour l'instant nous profitons des prix plus que bon marche de la Bolivie avant de revenir a un monde quelque peu plus developpe avec tout ce que cela implique.
La ville de Sucre est inscrite au patrimoine culturel de l'humanite grace a ses nombreux musees, eglises, couvents mais aussi grace a son role dans l'independance de la Bolivie en 1825.
L'histoire de l'independance et de ses differents acteurs est tres bien exposee a la casa de la libertad que nous avons visitee cet apres-midi. La guerre d'Independance contre les Espagnols est une des plus longues d'Amerique du Sud (15 ans) probablement du a sa richesse miniere en or et argent. Simon Bolivar est le Venezuelien qui est venu liberer le pays mais qui a refuse de ratifier son acte d'independance car il revait de creer la Grande Colombie, formee de la Colombie, du Venezuela, du Perou, de la Bolivie. Pour lui faire plaisir et honneur, les dirigeants ont cree la Republica de Bolivar, rapidement changee en son nom actuel.
Sucre a ete ainsi nommee en l'honneur du premier president portant ce nom mais qui fut vite rejete par les Boliviens car il etait Venezuelien et ne devait pas gouverner leur pays malgre sa participation active dans la liberation du pays. Du coup il s'est exile en Equateur ou il a ete assassine alors qu'il etait sur le point de devenir president de ce pays. C'est complique tout ca!
En 2005, il fait chaud a Sucre car nous sommes redescendus a 2800 metres et les murs blanchis a la chaux accentue cette impression de douceur mediterranenne, sans la mer bien entendu.
Cette mer que les Boliviens regrettent amerement depuis la Guerre du Pacifique ou ils en ont perdu l'acces contre Chili, leur ennemi historique. Cet evenement reste tres vif dans les esprits et explique en partie la contestation du peuple bolivien dans les problemes actuels lies au gaz. En effet, les entreprises proprietaires voulaient exporter le gaz au Mexique et logiquement prevoyaient de l'exporter via le Chili. Fait absolument impensable de la part des Boliviens!
Apres ce rafraichissement de memoire historique, nous avons passe la deuxieme partie de l'apres-midi dans le musee d'arts textiles dans lequel sont exposes et expliques les habits traditionnels des differentes communautes de la region, ainsi que l'evolution et la signification de leurs tissages dans le temps. Les presentations etaient tellement interessantes que nous avons fait la fermeture du musee sans avoir eu le temps de tout voir.

mercredi, mai 18, 2005

Actualite bolivienne

La loi sur le gaz continue de diviser la population de la Bolivie. Carlos Mesa, dans un discours televise hier soir, a confirme sa determination de ne pas enteriner la proposition de loi sur l'hydrocarbure qu'il juge "suicidaire". En tant que president, il estime que ses responsabilites ne lui permettent pas de prendre des decisions contre le bien de ses concitoyens.
Cependant, pour repondre au mecontentement populaire, il propose d'avancer les elections presidentielles de 2007.
Les partis syndicaux continuent de protester et aujourd'hui, ce sont principalement les retraites qui manifestent dans les rues de la Paz.
Il semble pourtant que les routes desservant la capitale soient a nouveau ouvertes a la circulation.
Malheureusement, nous avons recu cette information apres avoir pris la decision d'annuler notre projet de louer une voiture pour se rendre dans le parc national de Sajama ou se trouvent de hauts volcans enneiges et des lagunes.
Comme notre visa bolivien expire dans 12 jours, nous avons ete forces de reserver un billet d'avion pour quitter la capitale en prevision du bloquage des routes, jusqu'alors indetermines.
Il est interessant d'etre au coeur de l'action surtout que l'on ne ressent pas de tension particuliere au passage des manifestants pacifiques.

lundi, mai 16, 2005

Les manifestants

Comme prevu, la nuit fut mauvaise. Les murs en cartons des chambres nous ont permis d'entendre tous les reveils telephoniques des 4h du matin. On va changer d'hotel mais avant il nous faut prevoir notre visite du Parc National de Sajama. Les agences proposent principalement l'ascension du volcan. 6500 metres! La seule agence qui propose un tour dans le parc (sans guide) coute plus cher qu'une location de 4x4. Notre choix est vite fait!
Par contre la date de depart reste floue car pour le moment les routes dans les environs de la Paz sont bloquees. Dans la ville nous croisons 4 manifestations de cultivateurs de coca, mineurs, cireurs de chaussures.
Tous ces gens protestent contre la decision de le President Carlos Mesa d'etre sur le point de rejeter la proposition de loi sur le gaz. En effet, il s'oppose a ce que l'exploitation du gaz redevienne bolivienne. Il estime qu'une telle loi serait voler les entreprises etrangeres qui ont investi dans cette industrie en en devenant proprietaires. Cela decribiliserait egalement la Bolivie au niveau international. Or, le peuple voit dans cette loi l'interet economique de posseder l'exploitation.
Une chose etonnante : seuls les plus modestes manifestent. Les plus aises estiment que ces gens qui ralent ne contribuent pas a l'economie du pays. Cependant personne ne soutien pour autant la decision du president. On parle deja dans certains medias d'avancer les elections pour le faire sauter.
En tous les cas, une chose est sure, je ne suis pas depaysee : le peuple d'Amerique du Sud est aussi grande-gueule que celui de France! J'avais deja pu m'en faire une idee au Perou mais j'en ai la confirmation en Bolivie : les gens se mobilisent naturellement pour exprimer leur mecontentement. Vive la liberte d'expression! malgre que nous soyons maintenant dependants de ces manifestants pour la suite de notre voyage!

dimanche, mai 15, 2005

Au pied de l'Illampu

C'est dimanche et il me faut appeler les parents car cela fait trop longtemps que je n'ai pas acces a internet. Si je n'appelle pas, c'est la crise cardiaque assuree.
Nous devons donc gerer notre temps au mieux pour etre de retour de notre ballade en debut d'apres-midi pour telephoner. N'oublions pas que vous vivez avec 6 heures d'avance sur nous. Si j'appelle a 14h, il est 20h en France/Suisse.
Nous partons en direction de cette majestueuse montagne qu'est l'Illampu. Il n'est pas question de faire l'ascension de ses 6400 metres! En deux heures de marche, nous sommes encore loin de la montagne enneigee mais la promenande nous permet de quitter a nouveau les touristes qui vont tous visiter le lac souterrain de San Pedro, dans une autre direction.
Nous suivons un chemin d'ou redescendent des paysans avec leurs moutons ou anes. Nous longeons le flanc de la vallee dont les champs sont utilises en agriculture puis rejoignons la riviere en revant qu'elle s'en va rejoindre la mer avant de faire demi-tour.
Nous sommes de retour au village pour faire nos telephones respectifs. Pas de chance, la communication passe mal et je n'arrive pas a parler longtemps avec Maman. Au moins, elle sait que je suis en vie!
Nous apprenons que le peuple prepare une manifestation pour la loi de nationalisation du gaz que le president refuse de valider et que les routes sur la Paz risquent d'etre bloquees le lendemain pour une duree indeterminee.
Nous empaquetons rapidement nos affaires et attrapons l'avant-dernier bus pour la Paz. Ces 5 heures de bus dans la poussiere nous font arriver a 21h30 et une fois de plus je supporte difficilement le trajet.
Nous nous installons dans le premier hotel que nous trouvons et qui est aussi le plus bruyant mais pas le moins cher. Bref, ce n'est pas une bonne affaire!

samedi, mai 14, 2005

Sorata

Apres cette courte et rude nuit, nous attrapons le Toy sur la place du village de Santa Rosa a 5 heures du matin. Nous nous attendions a un vehicule plus grand vu le nombres de passagers que nous sommes mais non! encore une fois nous reussissons a tous monter. Un passager sur le toit, 4 dans la rangee de fauteuil a l'arriere, 4 dans celle du milieu, les enfants sur les genoux. Pierre-Henri et moi ne sommes pas les plus serres a deux sur le siege passager!
La route qui remonte des Yungas jusqu'a Sorata vaut bien celle de la mort qui descend sur Coroico. Des virages sans visibilite, des falaises abruptes, de la poussiere dans les yeux. Le 4x4 n'est pas un luxe car les passages sont parfois impraticables avec un vehicule classique. Le klaxon est l'autre outil indispensable du voyage pour avertir de notre presence dans les virages.
Ce voyage est vraiment eprouvant pour moi. J'ai mal au dos, au ventre, je suis fatiguee de ma nuit precedente, je crains le vide quand nous croisons d'autres vehicules. Tout ceci me rend nerveuse et Pierre-Henri fait preuve de beaucoup de patience et douceur avec moi.
Nous apercevons enfin l'Illampu, signe que nous sommes pres du but puisque Sorata se situe au pied de cet imposant sommet de 6400 metres. Mais nous passons plusieurs vallees avant d'arriver enfin a notre destination finale. Il est 14h, je suis epuisee.
Je delegue a Pierre-Henri la tache de trouver un hotel pendant que je garde les sacs sur la place principale en degustant une glace. Puis nous pouvons enfin nous relaxer, prendre une douche et nous impregner de l'ambiance du village.
Ici, nous rencontrons des touristes et des restaurants proposant des plats a touristes. Le reste de la journee est encore une fois dedie a la farniente afin de prevoir notre journee du lendemain.

vendredi, mai 13, 2005

Les Yungas

Nous revoila! Nous ne sommes pas riches mais en excellente sante et forme. Ca ne vaut pas tout l'or du monde ca?
Nous n'avons pas voulu nous couper du monde pendant une semaine mais nous y avons ete forces par les lieux recules ou nous avons voyage.
Ces derniers jours nous ont permis de visiter les Yungas, une region de Bolivie au nord de la Paz, qui frolent la foret amazonienne. N'oublions pas que la jungle couvre un tiers du territoire. Eh non! la Bolivie n'est pas un pays de montagne!
Nous avons quitte la Paz... en velo pour rejoindre Coroico dans les Yungas. Du col a 4700 metres, nous sommes descendus a 1700 metres d'altitude. Malgre tout, la route n'etait pas de tout repos car il nous a fallu emprunter la route de la mort, ainsi nommee a cause de tous les accidents de camions et de velos qui y ont lieu. Une nouvelle route est en construction depuis 5 ans et est prevue d'etre terminee dans les prochains 6 mois... depuis 3 ans.
Depuis le col, nous sommes descendu sur une agreable route goudronnee, nous avons ensuite remonte une pente sans mettre pied a terre mais j'ai abandonne peu de temps apres avoir entame la fameuse route de la mort car j'avais les mains crispees en permanence sur les freins avec la peur de glisser sur les cailloux humides.
Dans un virage, le guide nous a fait nous arreter pour regarder un camion tombe le mois precedent dans le ravin. En arrivant au bord du precipice, je n'ai pas su rester debout sur mon velo et me suis cassee la figure a l'arret. Le guide n'a pas compris ce qui s'etait passe, moi non plus d'ailleurs. Heureusement, pas eu de mal, seulement un bon fou-rire!
PH a continue seul avec le guide et s'est apparemment regale! Il est arrive a Coroico boueux des pieds a la tete mais une bonne douche nous attendait.
Nous avons passe 2 jours a Coroico a admirer les rapaces voler, a lire, a manger. Nous avons tout de meme fait une petite ballade dans les environs mais le repos etait le mot d'ordre de notre sejour dans cette petite ville des Yungas.
Le 3e jour nous sommes partis en bus pour une destination peu prisee des touristes : Guanay. Il a fallu prendre un bus puis un autre que nous avons attrape de justesse. Environs 6 heures plus tard, nous atteignons ce petit village de chercheurs d'or qui fut tres actif dans les annees 80 ou l'or se ramassait par seaux entiers. Aujourd'hui, les mines continuent d'extraire quelques pepites d'or par jour mais rien de fabuleux. Nous avons loue les services d'un ancien mineur pour nous mener a travers la jungle jusqu'au bord de la riviere ou se trouvait une mine.
J'ai decouvert une methode d'extraction de l'or que je ne soupconnais pas. Je pensais que tous les chercheurs d'or utilisaient un tamis et gardaient les pieds dans la riviere toute la journee. En fait, l'or est localise grace a une pierre noiratre dans la terre qui indique que le metal precieux ne se trouve pas loin. Puis, a l'aide d'enormes jets d'eau, la terre est retournee et s'ecoule dans une rigole ou plusieurs tamis recuperent l'or.
Les mineurs travaillent a la pioche pour aider la terre et les cailloux a s'ecouler dans un flux regulier. Travail tres dur pour peu de resultat! Nous avons apporte aux 4 mineurs cigarettes et coca. En retour, on m'a offert quelques minuscules pepites d'or mais pas de quoi faire fortune.
Comme Guanay ne respire pas vraiment le dynamisme, le lendemain de notre visite des mines, nous avons pris le bateau pour Mapiri. Un peu d'aventure! Nous avons remonte la riviere dont le courant etait parfois assez fort. Malgre que nous etions entasses dans une petite barque en bois celle-ci possedait deux moteurs et sans trop d'incidents nous avons "amerri" a Mapiri quelques 5 heures plus tard.
De la, nous ne savions pas trop bien ou aller. Nous savions seulement que nous voulions rejoindre Sorata pour ensuite rejoindre la Paz. Nous avons eu la chance de trouver un taxi collectif qui allait jusqu'a Santa Rosa qui apparemment etait la route pour Sorata. Nous nous sommes donc entasses a 9 dans un vehicule qui, pour les assurances, ne peut contenir que 5 personnes. Mais tout est possible : 1 couple et son enfant a l'avant, 3 adultes et un enfant a l'arriere, un autre enfant dans le coffre. Heureusement le chauffeur occupait son siege seul!
Santa Rosa est seulement a une heure de Mapiri. De la, nous commencons serieusement a nous battre contre les moustiques et surtout contre ces minuscules mouches jaunes a la mobilite ultra rapide qui attaquent sans que l'on puisse reagir! Resultat : 3 jours apres, ca demange toujours autant!
A Santa Rosa on nous dit qu'il faut attendre le lendemain pour partir a Sorata car le trajet dure 10 heures. Il est deja 3 heures de l'apres-midi et de toute facon il n'y a plus de vehicule qui s'y rend. Nous prenons alors une chambre au confort rudimentaire mais aux draps propres, ce qui est deja bien! Nous nous preparons a nous battre contre les moustiques durant la nuit car la moustiquaire de la petite fenetre est percee.
Nous nous ennuyons ferme a Santa Rosa. Pourtant, l'ambiance est encore plus "Far Ouest" qu'a Guanay. Une unique rue poussiereuse traverse le village. La aussi, la majorite de la population travaille dans des mines d'or. Il serait interessant d'en visiter une car il s'agit de mines sous-terraines qui fonctionnent 24h/24. Cependant nous avons deja reserve nos places dans le 4x4 pour Sorata.
Nous passons donc le reste de l'apres-midi a jouer au Uno falsifie que nous avions trouve a la Paz en sirotant un jus de banane.
Comme prevu, il nous est quasiment impossible de dormir pendant la nuit non seulement a cause des moustiques mais aussi a cause des chiens qui s'aboient dessus toute la nuit.

mercredi, mai 11, 2005

La jungle pour de vrai

Un petit message depuis le cyber cafe de Coroico qui coute 4 fois plus cher que dans une ville "civilisee". Ainsi je ne m'attarderai pas en descriptions mais ce message pour rassurer en particulier Maman qui doit commencer a tourner en rond en se demandant si nous sommes toujours vivants.
Alors oui, nous allons bien, sommes en pleine forme, en bonne sante et nous savourons la tranquillite de ce charmant petit village qu'est Coroico ou nous sommes parvenus apres une descente en VTT sur la route de la mort (qui porte bien son nom : des camions dans les ravins, des histoires de touristes tues en velo...). Bref, nous l'avons passe et PH particulierement s'est regale en terminant boueux des pieds a la tete.
Maintenant nous attendons notre bus pour Guanay, ville de chercheurs d'or. Si vous ne recevez pas de nouvelles, c'est que nous sommes riches! Mais aussi parce que l'endroit est encore plus coupe du monde que Coroico et que nous ne risquons pas de trouver d'internet ni de telephone.

jeudi, mai 05, 2005

6088 metres

Alors puisque vous etes tout de meme quelques unes a me suivre, je vais vous raconter une histoire.
Il etait une fois un sommet enneige de la Cordillere Royale, si haut, que beaucoup de gringos visitant la Bolivie se sentaient irresistiblement attires. De plus, la majorite des guides de voyages presentait le Huayna Potosi comme l'un des sommets de plus de 6000 metres les plus faciles a monter.
Un des gringos voulut absolument s'y essayer mais sa gringa savait, de par son experience anterieure, qu'un 6000 metres n'est pas une balade de sante. Cependant, son gringo avait decide qu'il allait tenter l'experience. La gringa voulant suivre son prince charmant se lanca egalement dans l'aventure.
Ils partirent un mercredi matin de la Paz, capitale dominee par cette imposante Cordillere Royale, accompagnes d'un guide que nous nommerons Porfilio, puisqu'il etait ainsi baptise.
Comme nous le savons deja, la Cordillere des Andes est une tres haute chaine de montagne mais etonnamment accessible en vehicule jusqu'a des hauteurs depassant parfois le Mont Blanc. Ainsi les deux gringos et Porfilio furent deposes a 4700 metres d'altitude d'ou ils se mirent tout de meme a marcher jusqu'au campement 500 metres plus haut. Il s'agissait en fait d'un gros rocher au pied du glacier en fonte, depart de la randonnee de 6 heures du lendemain.
Ici, ils rencontrerent plusieurs autres amoureux de la nature de toutes les nationalites decides a faire l'ascension du Huayna Potosi. Parmi eux, deux Suisses qui semblaient les plus a l'aise de tous sous la neige et le froid. Ils promirent a la gringa du vrai chocolat suisse comme recompense apres l'ascension.
Une fois les tentes installees tant bien que mal sur les cailloux du campement, les deux gringos recurent en collation du pain, du fromage, des tomates que leurs deux voisins anglais avaient portes a la sueur de leur front depuis le campement du bas de 4700 metres. Suivirent, une heure apres, une soupe de mais et des spaghettis a la sauce tomate, egalement portes par les pauvres Anglais qui pourtant avaient paye quasi 2 fois plus cher leur tour que les deux gringos.
La neige ne s'arretait pas de tomber, ce qui etait assez rare en cette saison. Les Anglais expliquerent aux gringos que depuis leur debut du tour du monde, onze mois auparavant, ils etaient poursuivis par la neige, jusque dans des endroits impensables, tel que le Salar de Uyuni ou en Patagonie au mois de fevrier.
Tout le monde dansait de froid a l'exterieur en attendant impatiemment de pouvoir aller se reposer dans les tentes apres l'indispensable mate de coca. Lorsque l'heure fut venue d'aller dormir, a 18h, la gringa se coucha avec ses vetements tant elle ne pouvait se rechauffer tandis que son homme fit le fier en ne portant que de legers sous-vetements dans l'epais sac de couchage de Seb. Malgre cet inconfort, la gringa passa une meilleure nuit que lors de son ascension precedente du Chachani. Au reveil, a minuit, elle n'avait pas mal au coeur et put meme boire une tasse de cafe recommande pour l'energie et avaler une tartine de pain.
En voyant sa chere et tendre revetue de plusieurs couches de vetements superposees (trois paires de chaussettes, un collant, deux pantalons, un t-shirt isotherme, trois vestes, une cagoule et un bonnet), son gringo se demanda s'il etait assez habille. Mais la gringa repensait au froid qu'elle avait subi et preferait se proteger en consequence.
Cela lui permit de ne pas avoir les doigts geles bien que froids et d'affronter le vent en haut.
Le gringo, qui n'avait pas dormi de la nuit tant il etait excite a l'idee de cette ascension (comme s'il attendait le Pere Noel), etait en tres bonne forme et chaussa ses crampons plein de motivation. A 1h30, la marche commenca sur le glacier qui perdait chaque annee quelques centimetres puis les differents groupes de randonneurs, que l'on pouvait localiser grace aux halos de lumiere qu'ils projetaient, s'aventurerent dans la neige bien tassee. Le chemin montait en pente douce, ne demandant qu'un souffle regulier pour marcher sans peine.
Pendant ces deux premieres heures, la gringa, il faut l'avouer, etait un peu enervee de voir son gringo prendre autant de plaisir a cette marche facile, alors qu'elle l'avait prevenu des difficiles conditions climatiques et geographiques qu'ils risquaient de rencontrer pour effectuer cette ascension. Or la, cette randonnee devenait effectivement une balade de sante et ca n'etait pas juste a son avis!
Mais la randonnnee changea de visage a l'escalade du premier mur juste apres le passage de la crevasse. La, obligation de grimper a la force de ses bras en s'aidant du piolet et d'enfoncer ses piolets a la verticale pour ne pas glisser. Ils comprirent l'utilite de leur encordement avec le guide.
Ce fut la premiere grosse difficulte pour le gringo. Pour la gringa aussi d'ailleurs car le rythme fut d'un seul coup accelere. A partir de la, le chemin devint plus etroit et la declivite plus forte a mesure qu'ils avancaient.
Arrives en bas du grand mur, le gringo, dans un elan irreflechi de fatigue, proposa a sa gringa d'arreter la. En effet, malgre la nuit, il pouvait evaluer la hauteur du mur, surtout que les Suisses les narguaient involontairement a la lueur de leurs torches car ils avaient de l'avance sur tout le monde. Mais la gringa connaissait la capacite de son gringo et l'encouragea a continuer malgre sa grosse fatigue.
Ils pesterent donc chacun a leur tour en grimpant ce mur de 250 metres incline a 45 degres. Ils y allaient a coups de piolets, de crampons enfonces. Le gringo trouvait que sa gringa marchait en canard mais il ne savait pas encore que les chaussures qu'on lui avait fournies etaient trop grandes et lui blessaient le pied a chaque pas. La gringa, elle, riait nerveusement d'entendre son gringo affirmer qu'il refusait de depasser ses limites et que son corps lui demandait d'arreter. Cependant il continuait d'avancer. Et quand ce fut au tour de la gringa d'avancer a quatre pattes dans la neige et de supplier que l'on redescende, son gringo l'encourageait par ses "allez, mon ange!" Le guide, quant a lui se contentait d'ecouter patiemment les lamentations de ses clients et de les informer des metres restant a parcourir.
La gringa s'etait mise dans un mode automatique d'enfoncement de piolets et de crampons qui lui permettait d'avancer tant bien que mal tandis que le gringo semblait a nouveau plein d'energie. La gringa n'avait plus la force de se sentir narguee par cette facilite car elle ne revait que d'atteindre ce sommet a 6088 metres. Ainsi lorsqu'elle entendit les Suisses compter a rebours : 10 metres, 9 metres, 8, 7... elle ne put s'empecher de leur demander de l'aide. "Ayudame! Ayudame!" Mais les Suisses ne tricherent pas et elle gravit son sommet seule.
Apres le temps de recuperation, elle ne put en croire ses yeux : la vue donnait sur toutes les montagnes et vallees alentour. Devant, derriere, sur les cotes, tout etait degage parfaitement et les reliefs dans la lueur du petit jour rendait toute sa majeste a la nature. En bas, ils pouvaient apercevoir les lumieres de la Paz encore endormie puisqu'il n'etait que 6h. Malgre leur peine, les deux gringos avaient atteint le sommet en un temps raisonnable et purent assister au lever du soleil juste derriere les montagnes en face d'eux.
A ce moment-la, ils se sentaient plein de force et de bonheur d'etre ensemble. Mais ils ne purent immortaliser ce moment car l'appareil photos ne fonctionna pas. Sans le savoir, ils creerent de nouvelles deceptions parmi leurs amis.
Ils redescendirent en rappel, securises par leur guide, ce qui les soulagea et economisa beaucoup leurs forces deja defaillantes. Le gringo ereinte fit deux chutes dans la descente dont une magnifique les bras en avant dans la neige qui fit bien rire sa gringa. Sans mal heureusement. La gringa quant a elle se sentait en pleine forme et n'arretait pas de parler ce que ne manqua pas de lui faire remarquer son gringo.
De retour au campement a 9h30, elle n'oublia pas d'aller reclamer son chocolat aux deux Suisses ce qui lui rappela de delicieuses saveurs.
Malgre ces satisfactions apres la souffrance, la gringa fit la promesse pour la deuxieme fois de ne pas refaire un sommet a plus de 6000 metres.

mardi, mai 03, 2005

La Bolivie

Personne ne suit vu le nombres de messages mais je continue. Pas grave.
Apres le Lac Titicaca du cote peruvien, le lac Titicaca du cote bolivien. Je me suis personnellement reconciliee avec ce lac en visitant l'ile du Soleil, la ou le soleil en personne a donne naissance au premier inca, Manco Kapac, et sa soeur qui, bras-dessus bras-dessous, sont alles creer la ville de Cusco.
Sur l'Ile du Soleil, pas de tour organise, juste PH et moi. C'etait bien cool!
Maintenant nous sommes a la Paz. J'avais grave les boules en arrivant a la capitale. Sera-ce pire que Lima? Eh bien non, c'est safe! Faut dire qu'on est arrive dimanche et que lundi 1er mai c'etait comme partout dans le monde sauf en Suisse, faut-il le rappeler, ferie. Aujourd'hui mardi, la vie reprend, les voitures reklaxonnent, les touristes refont les boutiques de souvenirs, et nous on booke des tours pour demain. Si ca vous interesse de savoir ce que l'on va faire, faites signe. D'ici la, bonne bourre a tous! Nadg qui parle dans le vent!